TIG, TUG, TOG…

Oui, j’ai bien dis « TOG« . Vous ne connaissez pas? C’est normal, une grande majorité des Chasseurs ne connaissent pas cette balle née maintenant il y a plus de 10 ans. Les deux premières, là, vous les connaissez et la TIG reste encore pour certains LA balle, LA meilleure. Certains même n’hésitent pas à la réserver pour la Chasse individuelle, dans ces moments où il faut de la précision. C’est qu’elle en a déchaîné des passions la TIG. Ce n’est pourtant pas une jeunette comparée à la TOG que 101 ans séparent. Eh oui c’est en 1902 que naît la Brenneke TIG et en 1936 que sa soeur TUG voit le jour. Ben oui, j’ai bien dis BRENNEKE car si pour beaucoup les appellations TIG ou TUG sont associés à RWS, c’est bien BRENNEKE qui les a créé et RWS n’en a été qu’un distributeur que BRENNEKE a autorisé a encartoucher. Et c’est suite au désaccord entre les deux marques que RWS les a rebaptisé ID Classic et UNI Classic. Voilà, l’histoire est contée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

N’empêche, si les TIG et TUG sont pleines de qualités, il n’en demeure pas moins qu’elles ne sont pas de première jeunesse, que les techniciens ont tout de même travaillé en un siècle et que toutes deux ne sont pas exemptes de défauts. Tout d’abord, c’est quoi la différence entre la TIG et la TUG ? En point commun, elles possèdes toutes les deux un double noyaux, doux devant et dur derrière. Pour la différence majeure, la TIG la priorité de fonctionnement est donné au noyau doux à l’avant et pour la TUG, c’est une priorité au fonctionnement du noyau dur à l’arrière. La TIG se destine aux animaux de poids moyen alors que la TUG aux plus grands mammifères. Néanmoins, l’une ou l’autre voient leur portée utile se limiter à 120-150 m en fonction du calibre. Autant dire que la TIG sur les plus gros Sangliers ne sera pas forcément le nec plus ultra. De plus, par leur conception plutôt complexe à double noyau, il est difficile de leur donner un équilibre parfait, facteur de précision et leur forme n’est pas parmi les plus aérodynamiques. De ce fait elles perdent très rapidement de la vitesse limitant ainsi leur portée et sont même assez sensibles au vent latéral. Autant dire que ceux qui la réserve à des modes de Chasse nécessitant de la précision ne se trouvent pas en présence de la balle la mieux adaptée et font plutôt du contre-emploi. Eh bien!… pas très glorifiant tout cela! N’empêche, au début du vingtième siècle, ces munitions ont représenté une véritable révolution et malgré leurs défauts, elles ne sont pas ridicules pour autant de nos jours. Leur rebord tranchant sur le blindage a été copié à de multiples reprises et il faut lui reconnaître une certaine efficacité quand au poinçonnage de la peau, favorisant ainsi l’écoulement du sang et le témoignage de l’impact par la présence de poils coupés sur le terrain.

 

C’est sur la base de ces qualités que BRENNEKE a développé la TOG « Torpedo Optimal Geschoss » en corrigeant les défauts évoqués ci-dessus. Afin de retrouver vitesse et précision, la TOG adopte un profile fuselé du type balles de compétition. La pointe en plomb disparaît au profit d’une pointe creuse. Fini les déformations dans le chargeur. Enfin, le noyau est soudé au blindage, fin vers l’avant, garantissant ainsi une expansion rapide dans les organes mous et une bien meilleure conservation de la masse pour une bonne pénétration dans les organes les plus durs.

Un anneau interne limite l’expansion de la partie arrière limitant la déformation de celle-ci. Enfin, la partie arrière adopte une forme « baotail« , garante d’une bonne conservation de la vitesse. Ajoutons à cela un poids de balle parfaitement optimisé pour chaque calibre (9.7g en 7×64, 10.7g en 300Win Mag et 16g en 9.3×62) et nous voilà en présence d’une balle de dernière génération  dans ce qu’il y a de plus performant, capable de bien fonctionner à courte distance sur des gibiers légers, comme à très longue distance sur les gibiers plus massifs.

Pourquoi la TOG à la fois technique et polyvalente n’a-t-elle pas rencontré plus de succès en 10 ans?

La technologie et la complexité technique de sa fabrication a un coût et la TOG et le prix de celle-ci la destine aux plus aisés d’entre nous. Ceux qui ne sont convaincus que par « le plus cher est toujours le meilleur » et qui peuvent se le permettre. Le prix d’une TOG est presque deux fois plus élevé que celui d’une munition de haute gamme  habituelle. Du coup, seul BRENNEKE la commercialise et encore, pas dans tous les calibres sur notre territoire français et même en boites de 10 cartouches afin de gommer quelque peu le prix de cette munition néanmoins extrêmement efficace. Ajouté à cela le fait que les armuriers ne se sont pas empressés (on les comprend) pour remplir leurs étagères de munitions à la commercialisation très incertaine, il n’en fallait pas plus pour cette excellente munition ne garnissent que très peu les étuis des Chasseurs et qu’elle reste encore inconnue pour une majorité d’entre nous.

Pari gagné en efficacité pour les concepteurs de cette munition, mais succès commercial avorté pour une balle arrivée sur le marché à l’aube d’une crise économique qui touche très fortement aussi le domaine cynégétique. La TOG n’a pas trouvé sa place en cette période favorable au lowcost et le marché des produits de luxe n’est pas suffisant pour lui donner une image lui permettant de supplanter la TIG au succès planétaire.

Peut-être qu’un jour, un des rois du marketing…

 

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