Technique de chasse

Une Approche réussie !

Encore pratiquée il y a quelques années par une minorité de chasseurs, la Chasse individuelle de début de saison fait de plus en plus d’adeptes avec une moyenne d’âge plus jeune que la moyenne des chasseurs de manière géénrale. Si dans nos départements de l’Est de la France la pratique est plutôt ancienne (la culture germanique n’est pas loin) dans certains département un tel mode de chasse n’était pas envisageable il y encore peu de temps et la pratique apparaît plutôt nouvelle pour ces régions.

Une pratique qui demande du savoir-faire

Pour certains chasseurs, qui confondent d’ailleurs Approche et Affût, la Chasse individuelle n’est pas de la Chasse, mais simplement de l’abattage. J’invite tous ceux qui pensent cela à découvrir ce mode de chasse et s’apercevoir que ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît et que cela demande un certain savoir-faire. Je laisserai aujourd’hui de côté l’Affût -qui est aussi une chasse intéressante, mais qui fera l’objet d’un autre article- pour nous cantonner  uniquement à l’Approche qui représente une chasse remplie d’émotions.

Une bonne préparation

La première préparation sera d’ordre mentale. Oubliez l’idée d’un résultat facile dès la première sortie. Il faut se mettre à l’esprit que si la Chasse à l’Approche est une chasse durant laquelle on se déplace, le mot d’ordre est pourtant l’immobilité. « On a le temps ». Il ne s’agit pas d’arpenter de nombreux hectares, mais au contraire de mettre à profit la préparation que l’on aura faite au préalable. Une belle Approche, ce n’est pas couvrir des kilomètres jusqu’à la rencontre hasardeuse d’un animal. Il y a des étapes à respecter et je vais vous apporter quelques conseils qui, je l’espère, pourrons aider les plus novices d’entre vous.

La Carte

Une belle Approche ne peut se concevoir que sur un terrain que l’on connait. Le conseil que je donnerai à ce niveau est de se procurer une carte du territoire (une Carte IGN est très bien) et de faire quelques photocopies agrandies des différentes zones sur lesquelles on aura noté quelques informations importantes telles que la nature des cultures et le vent si il est régulier sur certains secteurs et le sens d’ensoleillement en fonction des heures de la journée . N’oubliez pas que le gibier est chez lui et qu’il a une parfaite connaissance de son territoire. Vous devez en apprendre le plus possible vous aussi. Plusieurs sorties seront nécessaires pour connaître votre terrain de chasse, même si vous pensiez que cela était acquit.

Le Repérage

Faites vos premiers repérages à des heures d’activité humaine. C’est à ces heures-là que vous dérangerez le moins. Pensez à prendre une paire de jumelles, elles vous serons utiles pour repérer d’éventuels animaux. Bien évidemment, les sangliers ne seront pas observables pendant la journée, mais la présence d’un beau Brocard de récolte peut facilement être envisageable. Profitez de ces sorties pour repérer les coulées de gibier et de les reporter sur votre carte. Essayez d’imaginer votre parcours d’Approche et éventuellement de le préparer.  Si vous procédez à l’aménagement d’un chemin d’approche, nettoyez au mieux le sol des feuilles et branches qui pourraient trahir votre présence et n’oubliez pas de l’entretenir, la végétation change rapidement au printemps.

Apprendre à se déplacer

Ne l’oubliez pas, les animaux sont chez eux et si le déplacement des autres animaux leurs sont familier, le votre les mettra très certainement en alerte. Les humains ne se déplacent pas comme les quadrupèdes et les bruits qu’ils émettent sont particuliers, vous n’échapperez pas à la règle. Aussi, il sera bon de progresser avec une lenteur extrême. Il est recommandé de ne pas dépasser 10 pas à la minute et que ces pas soit le plus silencieux possible, ponctués de longs moment d’immobilité. Utilisez au maximum la végétation et le relief pour vous dissimulez. Un fossé, une haie des balles de foins ou de paille seront autant d’obstacles avec lesquels vous pourrez jouer pour rester « invisibles ».

Déjouer les sens du gibier

Premier sens, je viens d’en parler, l’ouïe. Je me répète, mais les animaux sont chez eux et ont l’habitude des bruits environnants qui ne représentent pas de danger. Vous devrez, et je vais y revenir, adopter une tenue adaptée qui permet de minimiser le plus possible les bruits étrangers. L’odorat est un sens particulièrement développé chez tous les animaux et il conviendra de progresser « à bon vent » afin de ne pas se faire repérer. Une poire à poudre vous permettra de mesurer les courants d’air même par vent faible. Il conviendra ensuite de progresser face au vent ou avec un vent de travers qui éloignera vos odeurs de l’odorat du gibier. Certains vêtements sont dotés d’un traitement anti-odeurs j’y reviendrai. Autre sens, la vue. Alors effectivement, les ongulés ne sont pas les mieux dotés sur ce point et leur vue n’est pas des plus efficace. Attention toutefois, le Chevreuil procède par photographies. Il regarde dans une direction puis se reconcentre à ses occupations pour ensuite relever la tête et re-photographier à nouveau. Si quelques chose à changé dans le paysage, la méfiance prend le pas sur sa curiosité légendaire et vos chances s’amenuisent. Faites également très attention à la brillance de certains éléments de votre équipement. Lunettes de visé, culasse trop bien polie ou canon au noir brillant ne sont pas les plus adaptés à ce mode de chasse. Et si vous chassez le Renard, sachez que c’est un prédateur et que contrairement aux ongulés, il possède une excellent vue.

Une Tenue adaptée

Un point important, vous devrez choisir une tenue parfaitement adaptée à la réussite des votre approche. Oui, mais une tenue adaptée c’est quoi ? Alors c’est tout d’abord une tenue qui répond au climat  présent pendant vos jours de chasse. Pour la Approches estivales, il vous faudra une tenue légère. Inutile d’avoir une membrane super imperméable (sauf pour les Approches d’automne et d’hiver bien entendu et aussi dans certains cas particuliers que j’évoquerai plus tard) souvent un simple traitement déperlant suffira. Par contre, des ouvertures d’aération peuvent se révéler utiles pour ventiler par forte chaleur, même si je ne conseille jamais de chasser par des températures trop élevées car prélever c’est bien, mais ensuite il faut traiter le gibier dans les meilleures conditions et dans les plus brefs délais et là, ça se complique.

Revenons à notre tenue. Certaines tenues, comme je viens d’en parler sont dotées d’un traitement anti-odeurs. Cela est un plus, mais prenez bien en considération que sont efficacité va diminuer au fil des lavages et que de toute façon, cela ne vous dispense pas de respecter les règles élémentaires. Inutile de vous préciser que pour camoufler les odeurs de transpiration, la bonne dose de déodorant est à proscrire de même que le parfum, vous ne vous rendez pas dans une agence de rencontre. Si vous le pouvez, stockez votre tenue dans un endroit où elle pourra prendre les odeurs de la forêt. L’astuce est de l’enfermer dans l’armoire prévue pour les vêtements de chasse dans laquelle on aura préalablement stocké quelques branches et feuilles prélevées dans la forêt. Le camouflage est-il obligatoire ? Je vous répondrai « non », mais il avantage grandement la dissimulation s’il est bien utilisé. Bien évidement, la meilleure tenue de camouflage au milieu d’un champ de céréales fraichement récolté ne servira pas à grand chose, mais pour se confondre avec une haie ou une lisière de forêt, se sera un vrai plus. Le plus important sera toujours la dissimulation du visage et des mains qui présente une véritable carte d’identité pour le chasseur. A ce titre je vous conseillerai les tenues DEER STALKER de HÄRKILA ou FURUDAL de PINEWOOD. Le choix se fera en fonction de votre budget et de vos préférences de marque, les 2 étant de très bonne qualité. Un Pantalon léger, complété par un T-Shirt à manches longues avec une paire de gants légers, une casquette et un masque pour visage, et vous voilà équipé. Une polaire légère ou un sweat pour se prémunir des matins frais peut venir épauler la tenue de base. Dans tous les cas la tenue doit être confectionnée dans un tissus silencieux afin d’émettre le moins de bruits de frottements possible.

Le BRUIT, c’est l’ENNEMI

Faites particulièrement attention au sol sur lequel vous marchez, votre progression sera aussi difficile que celle des GI’s  dans le bocage normand en 1944. Les mines sont moins dangereuses, mais peuvent anéantir en 1 fraction de seconde vos chances de réussite. Je vous l’ai dis précédemment, il peut parfois être utile de préparer son chemin d’approche, mais cela demande du temps de préparation et d’entretien par la suite. Quoi qu’il en soit, une Approche réussie se prépare et le parcours doit être choisi de manière à ne pas avoir d’obstacle important à franchir. Une haie épaisse ou une clôture sont autant de sources à éveiller l’ouïe des animaux. Mettre la main sur les barbelés peux faire du bruit jusqu’à l’autre bout de la clôture. Une paire de jumelles qui vient cogner sur la crosse ou simplement le frottement d’une fermeture éclair. Portez un soin particulier à la façon dont vous portez votre matériel. En faisant abstraction à l’arme que je traiterai dans un autre sujet, deux accessoires sont absolument indispensables : la Paire de Jumelles et la Canne de Pirsch.

Préparer son équipement

Une bonne Approche ne saurait se concevoir sans une parfaite identification du gibier à distance et les Jumelles seront indispensables. L’autre règle intervient au moment du tir et il est tout aussi inconcevable de procéder à un tir sans s’assurer d’une parfaite stabilité et une Canne de Pirsch représente l’élément de base de tout bon Pirscheur.

L’Approche, une Science inexacte

Maintenant que vous avez choisi avec soin votre équipement, place aux techniques qui mènent à la réussite de votre approche. L’Approche est une science et comme toutes les sciences, elle est inexacte et possède ses exceptions. Partez en ayant pris soin de prendre suffisamment de temps. Si vous êtes à la bourre, remettez votre chasse à une autre fois, vous avez déjà perdu. Garez-vous assez loin et ne claquez pas les portières, le gibier n’est peut-être pas tout-à-fait à l’endroit que vous imaginiez et il pourrait être mis en alerte dès votre arrivée. Si vous empruntez un chemin pour vous rendre sur votre parcours d’approche, marchez dans l’herbe, le bruit des chaussures sur les cailloux, même avec prudence, trahiront votre présence immédiatement. Partez en ayant connaissance des coulées fréquentées et, encore mieux, en connaissant l’endroit où vous allez rencontré le gibier convoité. Faites malgré tout preuve d’humilité et sachez que l’Approche est une science, et que comme toutes les sciences, elle à ses règles et ses exceptions. Il se peut que l’animal convoité ce jour-là ne soit pas présent ou rencontré beaucoup plus tôt avec une énorme surprise pour vous (et uniquement pour vous je l’espère). Mais pour la majorité dès cas, la récolte d’un maximum d’indices sera précieux pour mettre toutes les chances de votre côté. C’est un enseignement riche sur les habitudes des animaux et une grande école de la chasse. Néanmoins attention, du jour au lendemain, les habitudes changent parfois. Le comportement ne sera pas non plus le même le matin que le soir, de même que les courants d’air. Ne négligez pas non plus le temps de midi pour le Brocard si la météo vous le permet, cela peut réserver de très bonnes surprises. Et pour parler de météo justement, une éclaircie après une pluie d’orage peut devenir un moment à privilégier. La brouillard peut aussi être un moment à privilégier car il diminue la visibilité du gibier (la votre aussi) et absorbe les bruits. Attention toutefois à la sécurité, il faudra bien prendre soin de limiter la portée de son tir. En période de sécheresse, ce qui arrive malheureusement de plus en plus souvent, les points d’eau sont à surveiller pour le sanglier qui à besoin de boire et de se réguler thermiquement. Le Chevreuil, lui, ne boit que très rarement et se désaltère grâce à la rosée du matin. Les endroits présentant une herbe plus verte et fraiche sont à surveiller particulièrement.

Prêts pour l’aventure

Maintenant que vous êtres bien préparé, place à l’aventure. Bon, ok, ce n’est pas une chasse exotique au fin fond de la planète, mais une chasse dont les limites sont votre compétence et que vous pourrez repousser au fur et à mesure de vos expériences.

APPROCHE : aménager son parcours…

Qui dit Approche dit « déplacement ».

Pour se déplacer efficacement lors de vos Approches, il faut tout d’abord appliquer la règle n°1 dans tout mode de Chasse : ne pas être vu, entendu, ni senti.

Pour ce dernier point, je ne m’attarderai pas sur le sujet ici, mais vous invite à aller consulter l’article consacré au vent : « Le VENT, cet invisible »

En ce qui concerne les deux premiers points qui touchent à la vue et l’ouïe, le cheminement de l’Approche doit faire l’objet d’une attention toute particulière. S’il est évident que la tenue a son importance (et pas des moindres), la préparation d’un parcours d’approche peut se révéler tout aussi primordiale. Personnellement, j’ai pour habitude de travailler à partir d’une carte du territoire et quand je n’en possède pas, quelques photocopies agrandies d’une carte IGN font très bien l’affaire.  Sur ces cartes, j’y appose une légère coloration en fonction des cultures présente pour cette saison et je vous conseille vivement de procéder ainsi. J’effectue en parallèle une exploration sur le terrain afin de connaître le gibier présent et d’y observer ses habitudes. Ceci est encore plus important pour le Chevreuil que pour les autres car il n’est pas rare de voir le petit cervidé sortir aux mêmes endroits et à heures régulières pendant plusieurs jours, voir plusieurs semaines. Après ces observations, je détermine plusieurs parcours d’Approche en tenant compte du relief, de la position du soleil et des courants d’air en fonction du moment de la journée. Il ne reste plus qu’à préparer ce parcours. S’il n’y a pas grand chose à faire sur un parcours en plaine, préparer un sentier d’Approche en sous-bois est primordial. Une Approche efficace du Chevreuil consiste en effet à cheminer par un sentier à l’intérieur de la lisière de forêt et non l’inverse. A la moindre alerte, le Chevreuil regagne le couvert et disparaît dans la végétation. Il n’est souvent pas très loin, mais cependant hors de votre vue.

Ceci est tout aussi valable pour celle du Sanglier quand la compagnie a pour habitude de venir au gagnage dans les cultures , puis de regagner la forêt  pour la journée. Ainsi placés, vous resterez visuellement plus discrets et du côté où il a l’habitude de trouver la sécurité. Tenez bien compte de la luminosité et votre sentier d’Approche du matin ne sera pas forcément le même que celui du soir, car le vent peut être inversé et la luminosité l’est obligatoirement. Le soleil rasant au petit matin comme au plus tard de la journée peut faire ressortir par reflet le moindre accessoire un poil trop brillant et les taches claires telles que mains et visage. Masques et gants s’imposent. Tout ceci concerne la vue, mais il est tout aussi important de préparer son sentier côté ouïe. Les animaux sont bien différents de nous et ils repèrent la présence de prédateurs bien plus par l’ouïe et le nez que par la vue, qu’ils n’utilisent qu’en troisième position. Si le sous-bois offre l’avantage de pouvoir se dissimuler visuellement, il a pour inconvénient d’avoir un sol recouvert de feuilles sèches et de brindilles qui trahissent le moindre de vos déplacements. Pour cette raison, il important de débarrasser son parcours de tout ce qui peut vous gêner ou révéler votre présence. Faites cela de quelques temps  avant votre première Approche.  Il faut au minimum laisse reposer le territoire quelques jours avant d’y revenir, afin que le gibier dérangé par votre présence oublie votre passage et retrouve toute la quiétude nécessaire pour reprendre un mode de vie normal.

Un coupe branches, un sécateur et un rateau feront parfaitement l’affaire. Ne dégagez pas trop les branches, mais contentez-vous de celles qui pourraient gêner votre tir. Par contre, donnez une grande importance à tout ce qui traîne au sol et qui trahira de toute évidence votre présence si vous l’avez négligé.

En choisissant votre parcours, pensez au fait que la luminosité va évoluer au fils des semaines. Choisissez ensuite votre tenue en tenant compte de bien vous camoufler au niveau visage et mains. Equipé d’une bonne paire de jumelles d’une canne de pirsch bien stable et d’un Appeau, vous êtes partis pour vivre de grands moments.

La technique maîtrisée de l’Appeau offre souvent de belles surprises. Je vous conseille tout particulièrement la vidéo « CALLING ROEBUCKS » de Hunter’sVidéo qui nous en apprend beaucoup sur l’utilisation d’un Appeau et nous démontre son efficacité. Voici d’ailleurs un extrait de cette vidéo.


Une Approche réussie ne doit pas seulement à la chance et ne préparation soignée vous mènera à la réussite…

 

LE VENT, cet invisible…

S’il est un des éléments de la nature qui ne se voit pas, c’est bien le vent. Capable de produire de l’énergie en faisant tourner moulins et éoliennes, sa force fut utilisée jusqu’à un époque très récente pour faire avancer les bateaux. Sa puissance est parfois telle qu’elle est capable de bouleverser la nature en peu de temps. Sans en arriver à ses excès de violence et bien qu’il soit invisible, il se ressent néanmoins et les mouvements qu’il inflige à la nature trahissent sa présence de telle sorte que, même invisible, il na passe pas inaperçu. Ces indicateurs sont pourtant trompeurs. En effet les courants sont parfois bien différents en fonction de l’altitude et au plus bas niveau du sol, le relief est un facteur très influant sur la direction du vent.

En montagne le relief important a une influence directe sur les courants d’air et ils sont si importants qu’ils sont capable de maintenir en l’air des planeurs pendant plusieurs heures, le pilote se servant des ascendants pour maintenir son appareil en vol.

Bien sur, il y a des jours « sans vent » et c’est bien dans ces moments là que son appréhension se révèle la plus ardue. C’est l’un des facteurs les plus importants des Chasseurs d’approche.

Même si aucun indicateur visuel ne trahit sa présence, il reste tout de même un léger courant imperceptible bien suffisant à véhiculer les odeurs. C’est même dans ces moments là, quand tout semple calme, qu’il revêt toute son importance. Souvent négligé par les Chasseurs débutants, il est pris en considération par les plus confirmés et devient même l’allié des plus expérimentés. La nature du terrain est importante suivant le relief , mais aussi par le fait que nous soyons en milieu fermé ou ouvert. Une lisière de forêt fera se comportera comme une cloison qui déviera le vent venu de la plaine.

Un sol exposé ou non au soleil aura une influence toute particulière sur les ascendances ou descendances de l’air. An même endroit, un simple rayon de soleil peut changer la direction de l’air en moins d’une minute. La montée en température au petit matin aura une influence sur la direction du courant d’air et un effet inverse se vérifie le soir, quand l’air se refroidit. C’est ainsi qu’un pré en lisière de forêt à l’ombre peut voir son courant d’air changer en quelques minutes quand le soleil apparaît et se même pré se refroidira rapidement au couché du soleil inversant du même coup, la direction du vent.

L’air prisonnier sous la cime des arbres se refroidira plus rapidement qu’un niveau du sol, créant rapidement un courant descendant. En montagne, les versants sud sont bien plus adapté à la Chasse par temps froid et ceux orientés au nord, le sont par temps chaud. Un verger avec de la grand herbe demandera une approche différente d’un pré fauché et totalement dégagé. Le même terrain sera bien plus efficace le matin que le soir en fonction de son orientation et inversement pour un autre terrain pour les mêmes raisons.

Un Chasseur très expérimenté saura anticiper tous ces phénomènes qui deviendront de précieux alliés pour ses approches…

Mais pour tous les autres, c’est à dire la majorité des Chasseurs et même pour les plus expérimentés, il reste quelques solutions qui, après de nombreux testes, ont démontré une certaine efficacité. Il y a tout d’abord les vêtements dotés d’un membrane « anti-odeurs » qui limite leur diffusion. Je dis bien qui limite car pour considérer qu’un tel équipement stoppe toute diffusion, il faudrait qu’il ne laisse aucune partie du corps à l’air libre (même pas le visage). Il y a plusieurs technique qui mènent avec plus ou moins d’efficacité à ce résultat. Le plus connu est le principe du charbon actif. Ses effets sont reconnus, mais il y a tut de même des conditions sur son application. En effet, ce principe ne fonctionne que sur une durée limitée (de 48 à 72 heures) et doit être réactivé régulièrement par un passage au sèche-linge qui risque de déposer des résidus de lessive apportant du coup, quelques UV (bien visible des animaux) et des odeurs de lessive sur la surface externe des vêtements. La technique que nous avons retenue est celle du Dioxide de Titane ou DiO². Pour faire simple dans mon explication, il s’agit d’une technologie mise au point dans l’aérospatiale afin de limiter les risques de contamination par diffusion bactériologique entre les membres d’équipage. Le principe de cette technique est de casser la molécule humaine de transpiration pour éviter sa propagation et pour des raisons de rentabilité, cette technique a vu son application transférée dans d’autres domaines, dont celui de la Chasse. C’est ainsi que l’on retrouve cette membrane dite « Biologic Titanium » dans les vêtements de camouflage de chez Hart et plu particulièrement avec la veste ZETA et le pantalon ZETA du même type.

Ces vêtements sont fabriqués dans un tissus particulièrement silencieux et imprimés en « Photocamouflage Beyond Vision « ,parfaitement adapté aux chasses individuelles.  Avec une diffusion très limité des odeurs, vous serez ainsi bien moins repérés des animaux par les effluves transportées par le vent.

Autre solution qui existe et qui fonctionne également très bien, c’est le principe de neutralisation par des produits de camouflage olfactifs. Nous avons ainsi retenu deux produits qui se sont révélés particulièrement efficaces. Il s’agit d’un agent masquant qui couvre vos odeurs par un apport de parfums de feuilles en décomposition tel qu’il est produit dans la nature. Cet agent s’appelle  HUMUS et est particulièrement efficace pour couvrir toutes les odeurs qui seraient venu se fixer à l’extérieur de vos vêtements tels que les odeurs de repas diffusées dans la baraque de Chasse.

 

L’autre est un agent de neutralisation qui testé avec des Chiens de Sang, il s’agit du GHOST.

Son pouvoir de neutralisation s’est révélé extraordinaire et particulièrement bluffant.

Avec toutes ces informations, vous êtes maintenant prêts pour aborder vos approches avec toutes les chances de votre côté. Cela ne vous dispense pas pour autant de pratiquer avec la plus grande discrétion : votre réussite en dépend…

LA DUREE DES BATTUES

Il y a déjà quelques temps de cela, j’étais témoin d’une discussion assez soutenue entre un Directeur de Chasse et deux autres Chasseurs qui, eux postés, se plaignaient de la durée des battues régulièrement organisées dans cette société, beaucoup trop longues selon eux. Cette discussion n’était pas sans me rappeler une étude menée en Allemagne sur ce sujet épineux. Je décidai alors d’enquêter à mon tour sur les divers territoires où j’ai la chance d’être invité. Presque deux saisons se sont passées et ma propre étude porte sur 25 battues menées sur 17 territoires.

Le résultat est sans appel et se rapproche des résultats obtenus de l’autre côté du Rhin. La pluie très présente cette saison à démontré (comme en Allemagne) que sur 3 battues « plutôt arrosées », que le nombre des tirs était nettement plus faible que par temps sec et la question se pose alors d’une réelle utilité de déranger un territoire les journées de forte pluie. Deux battues par temps de neige ont démontré quant à elles, que le nombre des tirs baissait avant le début de la traque pour se lisser ensuite pendant les deux heures suivantes et chuter fortement au-delà. Ce phénomène s’explique par le fait que le bruit des traqueurs est étouffé par la neige et que le gibier, bien calé, ne se déplace qu’au dernier moment.

Sur l’ensemble des 25 battues, tous les coups de feu ont été comptabilisé, montre en main, afin d’en déterminer les tranches horaires d’efficacité et d’en obtenir un pourcentage. Même si pour ma part cela ne me dérange pas de rester plus de 3 heures au poste, les chiffres obtenus démontrent qu’une durée de 2 heures semble être une limite qu’il convient de ne pas dépasser.

Bien au-delà du côté « efficacité », c’est le côté « sécurité » qui s’est trouvé mis à mal. L’attention baisse considérablement au bout d’un certain temps variable suivant les individus et l’on constate que la tenue des armes au poste prend parfois des positions à risque (à l’horizontale sur les genoux par exemple…). J’ai constaté par 7 fois qu’un Chasseur posté, trop impatient, s’était déplacé avant la fin de la traque. Par 3 fois, le Chasseur n’en pouvant plus d’attendre était rentré l’arme chargée à l’épaule. D’autre part après de multiples observations, il semble mis en évidence que les chances de tirer un gibier se dérobant sont bien plus faibles vers la fin, ce dernier étant bien plus stressé par la durée du dérangement.  Cette observation met également l’accent sur le problème des chercheurs de champignons. Certaines équipes, pratiquant un commerce illégal et à partir de l’été jusqu’à la fin de l’automne certaines années, dérangent les forêts pendant des semaines entières, parfois même accompagnés de leurs chiens. L’état de stress  étant à son comble, le gibier cherche souvent la quiétude en plaine dans les cultures, occasionnant  d’énormes dégâts. Les promeneurs quant à eux, qu’ils soient en vélo, moto, quads ou 4×4 et qui rentrent parfois en situation conflictuelle avec les Chasseurs ne commettent en réalité qu’un dérangement de courte durée n’ayant que peu de conséquences sur le stress de la faune sauvage.

Refermons cette petite aparté et revenons à  la battue. Autres avantages à une limite dans la durée, c’est d’une part l’efficacité des chiens. Passé deux heures, la dépense énergétique diminue la performance de nos auxiliaires. D’autre part, le gibier tué en début de traque (le graphique démontre que c’est la majorité des cas) demande à être traité dans des délais raisonnables en fonction de la température extérieure sous peine de voir la venaison subir une détérioration irréversible. Imaginez un Chevreuil (ruminant) rester pendant 2h30 à une température proche des 20° avec une balle lui ayant éclaté foie et intestins…